D’où
j’écris ? Plutôt que : qui je suis ? Voilà la question adaptée à l’époque. Peu importe qui je suis. C’est sûrement pourquoi j’écris sous pseudonyme. Je me cache ? Peut-être, aussi, un peu… Mais ma lectrice ou mon lecteur se fiche j’espère de connaître mon visage. Sans quoi, elle chute dans mon estime ; sans quoi, il peut bien s’en aller cliquer ailleurs.
Où je suis, d’où je viens et où je vais. Voilà qui peut être intéressant, pourvu que cette trajectoire ne soit pas isolée. Le destin n’existe que parce qu’il est collectif, sinon commun. Tel est mon propos.
J’ai grandi dans un foyer douillet empli de marchandises du prétendu village planétaire. Petit-fils d’ouvriers, fils d’employés, devenu tout-petits-bourgeois par accession et accumulation. Je suis un transfuge de classe. Ca a quelque chose de déroutant, le tournis jusqu’à la nausée. Mais cela n’est pas une transgression.
Ce qui aurait de l’ampleur, c’est que le futur me mène au prolétariat. Non pas en farceur comme un établi, mais en mettant mon cerveau sur la table et toute ma peau avec. Ces Chroniques ne suffiront pas, mais elles sont une contribution.
Yom Alba, printemps 26, France.
